

En dehors des modes et des mouvements éphémères qui ponctuent l'histoire de l'art d'aujourd'hui, il existe des peintres qui restent fidèles à leur propre recherche. Gil Pottier est de ceux-là.
Adepte de la figuration, puisque son travail s’attache à la réalité du visage et du corps, au delà du visible se dégage de cette oeuvre une poésie certaine, un "ailleurs" qui séduit et étonne.
Personnages curieux, entourés de tissus, personnages dramatiques à l’expression étrange dont la présence est parfois obsédante.
Reste la matière que Gil Pottier considère comme primordiale.
Et l’on pense à la recommandation de Léonard de Vinci : «regarde les taches sur les murs». Quelle richesse dans cette recherche du matériau, lui-même évocateur de cette poésie qui dérange.
Car cette peinture dérange par sa densité, son impact. Elle n’est pas innocente, elle suggère et donne à rêver. On a écrit que sa référence était la Renaissance italienne. On pourrait avoir une moins bonne marraine!
En effet, Gil Pottier est bien le continuateur d'une grande tradition qu'il traite avec le modernisme de notre temps.
Un monde mystérieux que celui de ce peintre qui , comme tous les artistes, ne fait qu'un tableaux: son autoportrait. Reste une grande part de romantisme dans ces attitudes, ces ornements. Les personnages semblent faire partie intégrante du fond traité comme une fresque à la Michel-Ange.
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